Projet
construit pour une diffusion en multicanaux, « reverse
» réunit les travaux de recherche de Guillaume
Orti en électro-acoustique et dOlivier Sens en
programmation informatique (utilisation de son propre logiciel
« usine » de synthèse et de traitement
sonore en temps réel). Un parcours au cours duquel
le duo se fraye un passage non conventionnel dans les méandres
de limprovisation libre, du synopsis compositionnel
et de lélectroambiant.
A
project built for multi-channel diffusion, « Reverse
» unites the electro-acoustic research of Guillaume
Orti and the computer programming of olivier Sens (use of
is own software « Usine », treating sound in real
time). An unconventional path the duo takes through free improvisation,
compositional synopsis and electro-ambiance.
"Olivier
Sens appartient à la génération révélée
au début des années 1990 autour de Bojan Z,
Julien Lourau, Noël Akchoté et le collectif Hask.
Depuis quelques années il a quelque peu délaissé
ses activités de contrebassiste au profit de l'électronique
musicale, rejoignant une famille musicale qui a su tirer les
leçons du courant électro, moins pour surfer
de manière opportuniste sur la mode du collage électro-jazzy
que pour relever les défis lancés aux improvisateurs
du jazz par les nouveaux outils et leurs nouveaux langages.
Une position sur laquelle Olivier Sens se trouve en sympathie
avec les anciens membres du défunt Hask, notamment
le saxophoniste Guillaume Orti. Ni le swing (l'articulation
de Guillaume Orti se place à plus d'une occasion dans
une lignée venue de Charlie Parker et passant par Steve
Coleman), ni les grooves des batteries et des basses électroniques
ou samplées ne sont absents, mais en évitant
toute pratique monomaniaque, ils sont soumis à l'exercice
d'une formidable imagination rythmique et sonore. Olivier
Sens joue aves beaucoup de finesse sur le fil qui oppose l'intelligence
sensible au caractère automatique des boucles, des
dérèglements aléatoires et des générations
acoustiques de son dispositif.
Mais la force du disque tient dans le dialogue interactif
entre celles-ci et le saxophoniste qui, tout en laissant la
machine assimiler et régurgiter ses propos de mille
manières, rivalise avec elle de propositions timbrales,
mélodiques et rythmiques inouïes."
François Marinot
- Le monde de la musique- novembre 2005